Climage

« Campagne perdue » touche au coeur – même le citadin le plus endurci – tant il narre avec délicatesse et pudeur les bouleversements qui touchent aujourd’hui un monde rural en plein désarroi. Une histoire rude et tendre filmée avec discrétion et un immense respect pour les « acteurs » principaux. En montrant le particulier, Stéphane Goël réussit par son talent d’observateur privilégié à toucher l’universel.
Coopération

Avec pudeur et confraternité, le cinéaste écoute ces hommes qui cherchent leurs mots pour dire l’indicible: des bêtes qui n’ont plus de nom, juste un chiffre. Des veaux qu’il faut abattre. Des fermes sans vaches. Le fric qui mène le bal. Il surprend la douleur profonde de ce vieil homme qui, pour la dernière fois, panse ses vaches chez lui, le regard plein de nostalgie, le geste suspendu. Il montre aussi l’espoir qu’engendre cette mutation forcée.
L’Hebdo

D’une radio posée sur une étagère, la suave nostalgie de Dream a little dream on me jaillit, jazzy. La mélodie caresse l’air de l’étable au petit matin, préside au réveil des vaches dans une indicible harmonie. C’est lorsqu’il rêve ainsi de Campagne perdue que le jeune Stéphane Goël attrape le mieux une époque en train de disparaître. Son documentaire est d’une race hybride, entre essai poétique et reportage sur le terrain. (…) Sans autre prétention que de témoigner, la chronique de Stéphane Goël balaie du même coup le cliché du paysan replié sur ses terres ou croulant sous les subventions.
24 Heures

On se dit que, décidément, le monde paysan change. Le film se conjugue à la première personne; l’auteur y exprime ses sentiments contradictoires, tentant d’être le passeur entre l’héritage transmis par le père, et l’aventure menée par le frère. Par chapitres, construits tels ceux d’un récit romanesque, Goël nous entraîne, avec ses nostalgies et ses espoirs, d’un monde agricole traditionnel, que l’on regrette d’autant qu’il n’existe déjà plus, vers celui de la modernité. Les portraits des hommes et des femmes participant au projet, des habitants du village sont particulièrement attachants. Il a su par ce travail de longue haleine inspirer la confiance et les confidences, saisir dans les silences comme dans les aveux empruntés l’amour d’un savoir-faire, de nos campagnes perdues.
Domaine Public

Une étable communautaire exorcise les démons de l’individualisme rural. Aucun doute, cet univers clos, surprotégé et moralisateur s’est effacé. Mais le doute qui l’habite désormais laisse aussi la place à l’imagination.
Journal de Genève

Le « territoire relativement protégé » qu’était l’agriculture est devenu moins sécurisé. C’est tout cela que le film de Stéphane Goël permet de vivre et de comprendre. Comme le cinéaste filme des camarades, il est très à l’aise pour les faire parler, il réussit à rendre avec justesse l’atmosphère de  son village, par des échappées sur les paysages de ce Jorat à la fois mélancolique et chatoyant.
Terre et Nature

Ce film vient du coeur, c’est sans doute pourquoi il nous touche profondément.
AGIR

« Campagne perdue » is endlich ein Bauernfilm ohne Larmoyanz, indem aus dem Verlust von Tradition gemeinsam eine Zukunftsperspektive erarbeitet wird.
Der Bund

Der Regisseur hat früher Experimentalfilme gedreht und ist vom waadtländischen Bauerndorf Carrouge nach New York ausgewandert. Mit all diesem Rüstzeug, des experimentellen Poesie, dem amerikanischen Schwung und dem Heimweh im Herzen, kehrt er nun nach Carrouge zurück und filmt, wir sein Brüder une alten Bekannten die Landwirtschaftskrise ausstehen (…) Wenn das nicht überraschend, gegen den Strich der Zeit und zugleich zukunftsweisend ist! Geht hin Leute, zeigt, wenn’s euch gefällt. Vielleicht hilft’s.
Tages-Anzeiger

« Campagne perdue » ist ein Requiem auf die zerstörte Landschaft seiner Kinderheit. In ruhigen, wunderschön komponierten Bildern, die von überraschenden Perspektivwechseln konturiert werden, entfaltet er die wichtigsten Projekt-Etappen für den Gemeinschaftsstall.
Neue Mittelland Zeitung