Climage

Un demi-siècle après le crime impuni de Maracon, les rumeurs qui ont empoisonné la région ont-elles totalement disparu ? Dans un film sensible et rigoureux le réalisateur Stéphane Goël montre comment s’est faite l’intoxication des esprits dans une société rurale fermée sur ses peurs, ses secrets, ses conflits. (…) Sans s’écarter des faits établis, Stéphane Goël a déplacé l’axe de l’enquête. Et le cinéaste révèle… ce que l’affaire de Maracon révèle sur la société villageoise dans le Sud fribourgeois au milieu du siècle dernier. (…) Le film de Stéphane Goël propose une hypothèse. Quand le crime fut connu, la population l’imputa spontanément à quelque vagabond, ou trimardeur, mi-clochard mi-domestique de campagne, fruste à coup sûr, dégénéré sans doute. L’enquête piétinant, soupçons et dénonciations se portèrent vers « les gros ». Tout se passe comme si les rumeurs empoisonnées de Maracon exprimaient les tourments d’une société rurale mal à l’aise avec ses deux groupes extrêmes. En bas, les marginaux qui subsistaient traditionnellement dans le monde paysan, un peu maraudeurs, un peu assistés, mais dont maintenant on cherchait à se débarrasser. En haut, les notables installée de générations en générations sur leurs domaines et dans leurs fauteuils de syndics, de députés, de juges. Vers le bas se déversait la peur, jusqu’à la haine si besoin. Vers le haut s’exhalait l’envie, jusqu’à la haine si possible. Et la haine, c’est le degré zéro de la politique.
Jean Steinauer – La Gruyère

Le Poison, plus qu’un reportage, est un vrai polar en substance, il évoque aussi bien l’univers romanesque d’un Balzac que le  film Le corbeau d’Henri-Georges Clouzot (…) Ce crime met en fait à nu tous les phantasmes et toute les phobies d’une époque. C’est avant tout pour cela que Le poison est passionnant. Il ne retrace pas seulement l’histoire d’une célèbre affaire, il pose de véritables questions d’ordre sociologique en présentant la suspicion comme un mal contagieux et dangereux.
La Liberté

C’est un beau film, finement réalisé, avec des scènes de reconstitutions furtives et où l’on sent passer toute la maîtrise artistique du cinéaste, son sens de l’esthétisme. C’est un film sur la rumeur, ce poison.
Construire

Cet excellent film révèle d’abord une hallucinante réalité, celle d’une société profondément inégalitaire et à bien des égards sous-développée sous l’apparence radieuse de ses campagnes bien ordonnées.
Le Temps

Au travers de nombreux témoignages et des archives judiciaires, ce documentaire exceptionnel montre comment ce deuil impossible, parce que sans coupable, a exacerbé durablement les tensions latentes au sein de ce microcosme rural.
TV8

Stéphane Goël a ressenti dans son enfance les effets tardifs du venin. Sensibilisé au monde des femmes, aux « violences exercées sur les femmes » dans nos riantes campagnes de jadis, se souvenant des sourdes rivalités opposant les gamins vaudois à leurs voisins (« on allait lancer des cailloux sur les dzodzets »), il confronte dans « Le poison » la tradition orale à l’objectivité des rapports de police, évoque « the dark side of the campagne profonde ». A travers témoignages contemporains et images d’archives, il retrace ce crime resté impuni, dont les effets néfastes continuent d’obscurcir l’arrière pays.
L’Hebdo

Ce documentaire, tout à  fait exemplaire et d’une rare perspicacité, est empreint de l’esprit de la terre si cher à un grand habitant de Carrouge, le poète Gustave Roud. Stéphane Goël ne se pose ni en enquêteur encombrant ni en superjournaliste, mais en citoyen affecté par cette affaire et cherchant à comprendre et surtout à dévider les éléments de ce drame, qui ressemble plus à une fleur vénéneuse qu’à un règlement de compte. Il s’implique donc lui-même non en observateur critique, mais en voisin mêlé à une histoire douloureuse le concernant aussi. On ne trouve donc ni récrimination ni condamnation dans son film, parcouru par une bienveillante attention aux gens et à la mentalité des protagonistes de l’époque. Ses vues sont lucides et toujours pondérées.
Terre & Nature

Parce que son auteur n’a jamais été identifié, l’un des crimes qui a suscité la plus volumineuse enquête policière de Suisse continue d’agiter les esprits aux confins des cantons de Vaud et de Fribourg. Stéphane Goël revient sur le double meurtre du dimanche après-midi 19 juin 1949, non tant pour donner une clé à cette énigme que pour jeter un regard socio-ethnologique sur un fait divers hors du commun.
24 Heures

Grâce aux plans remarquables créant le suspense, la mise en évidence de documents historiques et un bon cadrage, Stéphane Goël a rendu passionnante cette projection dans le temps. Atmosphère de suspicion, sérénité des paysages campagnards, recherches historiques fouillées, climat de l’époque évoqué, reconstitution aujourd’hui avec un retour dans le passé, tout concourt à accrocher le spectateur. Un scénario bien pensé, réfléchi avant le tournage et appuyé par un épais dossier de police, font de ce film une évocation réussie digne des meilleurs romans policiers.
SRT Vaud