Climage

Documentaire | 53' | 2003 | couleur | 4/3 | Betacam SP
Version originale: Français

Saisonniers

Dès l’après-guerre, la Suisse a largement fait appel à une main-d’œuvre immigrée venue des pays du sud de l’Europe, d’Italie d’abord puis d’Espagne et finalement du Portugal et d’ex-Yougoslavie. Bon nombre d’entre eux furent soumis au statut de « saisonnier », un statut unique en Europe et particulièrement inique: en effet, la durée du séjour était limitée à neuf mois avec retour obligatoire dans le pays d’origine les trois autres mois. Le travailleur ne pouvait changer d’emploi, il ne pouvait avoir son propre logement qui lui était procuré par l’employeur et n’avait pas le droit de faire venir conjoint et enfants. Ainsi des dizaines de milliers de personnes furent logées dans des conditions précaires, principalement des baraques, et subirent des conditions de travail particulièrement dures, surtout dans la construction mais aussi dans l’hôtellerie et l’agriculture. Ce n’est qu’à la faveur d’un accord avec l’Union européenne sur la libre circulation des personnes que ce statut a été aboli en juin 2002.
Ce film est exclusivement constitué à partir d’archives des magazines que la TSR a réalisé sur ce sujet entre 1960 et 1990. Il révèle une page particulièrement sombre de l’histoire de la Suisse moderne qui a bâti sa prospérité au mépris du respect le plus élémentaire de la dignité humaine.

Réalisé avec la collaboration de Claude Muret Montage Alex Mayenfisch Mixage Denis Séchaud Production Télévision suisse romande – Irène Challand Production exécutive Alex Mayenfisch / Climage

« Faisant oeuvre de mémoire, et ceci à propos de simples ouvriers, le réalisateur signe un film à la fois personnel et historique. C’est une histoire de visages, de corps, de solitude et d’efforts. »
Le Temps

« En voyant ce film on pourrait croire qu’il a été tourné vers 1800, mais il semble que le cinéma n’existait pas encore. L’un des ouvriers interrogés parle de travail d’esclave. Il doit s’être trompé, l’esclavage a été aboli en 1848. »
L’Impartial